Barneville-Carteret est certainement un endroit idéal en France pour organiser en plein été une double dégustation d’anthologie. La fraîcheur de l’océan atlantique permet de rester dans des conditions de température et d’humidité stables pendant toute la durée d’une dégustation à l’aveugle, ce qui facilite grandement la tâche des dégustateurs. Merci à Perrine et Stéphane de nous avoir à nouveau si bien accueilli, et ce juste avant les vacances estivales!
Commençons par la première dégustation : Il s’agissait d’une verticale du fameux château Brane-Cantenac, de l’appellation Margaux et à n’en pas douter “le” vin favori de Daniel Lamare, fondateur du club d’œnologie.

Neuf millésimes sélectionnés de 1971 à 2011
Pourquoi ces millésimes? L’idée était de comparer des millésimes relativement “récents”, c’est à dire des vins jeunes ayant atteint un premier stade d’épanouissement contre certaines gloires du passé comme le millésime 1999 (vainqueur de la Finale A), le 1985 (2e de la Finale A) ou des millésimes qui nous ont “formés” au sein du club comme le 1971 ou le 1979.
Bien entendu, il est difficile de comparer des “adolescents” à des “sexagénaires”, sachant que l’intensité est un critère de choix pour classer des vins et que celle-ci baissera forcément avec l’age du flacon testé! Néanmoins au delà du plaisir trouvé à déguster tous ces vins incroyables, on pourra extraire des éléments de comparaison pertinent en classant simplement par exemple les vins par décennies.
Et voici les résultats:

Le millésime 2011 remporte assez largement cette dégustation. Déjà très fondu et équilibré, il brille par son intensité et sa fraicheur. Plus surprenant, il est talonné par 2006 et 2007, deux soit disant “petits millésimes” parmi les millénium. 1985 arrive au pied du podium: Quelle classe, quelle finesse et quelle complexité! Mais il faut accepter le verdict d’une dégustation à l’aveugle. Le reste du classement est finalement assez logique avec les millésimes anciens qui ferment la marche. Mais quel plaisir avons-nous pris!

Petit moment de détente entre deux activités sportives et touristiques
Continuons avec la deuxième dégustation : Il s’agissait cette fois-ci de comparer les vainqueurs des dix finales A pour les millésimes les plus anciens, allant de 1964 à 1987. D’où le nom de “Super Finale”.
A nouveau, il est difficile de comparer des trentenaires à des quinquagénaires et il faut lire le tableau des résultats en tenant compte des différentes classes d’age, même si cette fois-ci l’écart est plus raisonnable puisque le vin le plus jeune a tout de même 35 ans!

Il n’est pas surprenant de retrouver trois vins des années 80 sur le podium de cette dégustation… mais qui aurait parier sur Château Mouton 1987 pour la dominer? On aurait plutôt imaginé retrouver des millésimes mieux côtés comme 1986, 1983 ou 1979. 1987 s’inscrit dans la malédiction des années en “7” pour les Bordeaux rouges: 1967, 1977, 1987, 1997, 2007… Cinq décennies boudées par les critiques. Heureusement, 2017 vient enfin rompre cette soit disant fatalité! 🙂
Dans ces conditions, retrouver Château Margaux 1977 au pied du podium est une vraie surprise. N’est-ce pas Robert Parker qui affirmait que “la vie était trop courte pour boire des Bordeaux du millésime 1977”? 🙂 Ceci étant dit, nous gardons un souvenir assez ennuyeux de la campagne de dégustation des millésimes 1977, avec une finale A pendant laquelle seuls Château Margaux et un certain Brane-Cantenac avaient vraiment sorti leur épingle du jeu.
A nouveau, une dégustation incroyable qui met à l’honneur les trois appellations phares de Bordeaux: Pauillac, St Emilion et Margaux. Il est vrai que l’appellation Pomerol n’était pas représenté puisque qu’aucun Pomerol n’a gagné une Finale A depuis la création du club.

Port Racine, le plus petit port de France. Un des joyaux du Cotentin, dans son écrin de verdure.
